Comme d’ici au pommier
Un film de Cyprien Ponson – 102 minutes – 2026
Produit avec Les films de l’autre cougar.
Comme presque tous les jeunes hommes de sa génération, mon grand-père a été enrôlé par l’État français dans la guerre d’Algérie. Un demi-siècle plus tôt c’était son propre grand-père que l’on envoyait mourir à la Première Guerre mondiale. Aujourd’hui d’autres guerres, auxquelles j’ai échappé, font rage ou menacent de partout.
Colonisation, catastrophes environnementales, racisme, guerres… que faire dans un monde abîmé de toutes parts ?
Quels soins apporter à la terre du présent ? Comment composer avec les blessures du passé ?
C’est ce que je m’acharne à essayer de trouver en entremêlant mon histoire familiale à la dite grande Histoire, par des gestes aussi infimes soient-ils, équipé de ma pioche et ma caméra, à ma toute petite échelle dans un vaste paysage dévasté où il reste tant à sauver.

Affiche de Leonard Thoyer
« Guy, grand-père de Cyprien Ponson, a vu 28 mois de sa jeunesse s’évanouir en Algérie et le reste de sa vie en être marqué à tout jamais. De ces années de conscription ordonnées par l’État colonial français ne lui restent que les visions d’horreur du troufion soudain confronté à la mort et la frustration amoureuse et sexuelle du jeune homme. Cyprien, heurté par une phrase définitive et raciste lâchée jadis par Guy à propos des « arabes », a le projet de le questionner sur cette sale époque, lorsque celui-ci décide soudainement de partir pour l’EHPAD. Cyprien, qui se filmait jusque-là dans le miroir de la maison aux côtés de Guy, va alors élargir le champ et trouver son espace au jardin. Abîmé par le glyphosate du “pépé” qui employait les méthodes de son temps, le lieu laissé en friche s’avère être le territoire à reconquérir par Cyprien, manière de perpétuer la mémoire de Guy tout en la purgeant de ses scories et tenter de redonner une santé au lieu. En bon cinéaste-jardinier, Cyprien lutte pour fabriquer son film au rythme de la nature et des saisons, jetant ici une idée en germe, découvrant là qu’une mauvaise herbe peut faire un bon plan, plantant ailleurs un piquet tel une colonne vertébrale pour son récit. On sait que l’Histoire se répète et qu’un jardin n’est qu’une parcelle de ce monde privé d’harmonie : il n’empêche que Cyprien se démène, pour mener à bien le jardin comme le film. En le voyant bricoler une tenture, de ses insuffisantes deux mains, pour y projeter en plein air de vieilles photos de pépé, on est tenté de lui tendre les nôtres en soutien.D’ici à l’écran, c’est pas bien loin. »
Christian Borghino -Adjoint à la direction artistique Cinéma du Réel
Écriture, réalisation, prise d’image & de son: Cyprien Ponson // Montage image: Alix Lumbreras // Images & sons additionnel, montage son: Caroline Parietti // Mixage: Florian Delafournière // Étalonnage: Saul Mêmeteau
PROJECTIONS PASSÉES:
Cinéma du Réel, Paris: 24 mars 20h45 cinéma Reflet Médicis // 26 mars 16h30 cinéma Arlequin
Festival Confrontation, Perpignan: 8 mai 18h30

